Selon l’argumentaire de l’UDC contre le traité, les coûts directs atteindraient au moins 1.4 milliard de francs par année. Les contributions dites « de cohésion », jusqu’ici de 130 millions de francs par an sur une base volontaire, passeraient à 350 millions et deviendraient obligatoires dès 2030. Et ce n’est qu’un début : à partir de 2037, de nouvelles contributions devront être négociées.
Mais la facture ne s’arrête pas aux versements à Bruxelles. Chaque nouvelle règle européenne reprise par la Suisse devra être comprise, appliquée et contrôlée. Cela signifie davantage de bureaucratie, davantage de personnel administratif et davantage de frais pour nos entreprises. Pour nos PME, qui constituent l’immense majorité des entreprises suisses, chaque nouvelle obligation administrative représente du temps et de l’argent qui ne peuvent plus être consacrés à l’innovation, à l’investissement ou à la création d’emplois.
Fragilisation de nos œuvres sociales
À cela s’ajoutent les conséquences potentielles sur notre État social. Une extension des droits découlant de la libre circulation pourrait entraîner des dépenses supplémentaires pour les assurances sociales et l’aide sociale. Là encore, au bout de la chaîne, ce sont les citoyens qui financent.
Voilà donc ce que l’on nous présente comme des « Bilatérales III » : des versements réguliers, davantage de bureaucratie et des engagements financiers dont l’évolution à long terme reste incertaine.
Pendant ce temps, les finances fédérales sont sous pression. On demande des efforts à la population et l’on cherche des économies dans de nombreux domaines. Comment justifier alors de prendre simultanément de nouveaux engagements financiers envers l’UE ?
La Suisse entretient des relations économiques étroites avec ses voisins européens et doit continuer à le faire. Mais une bonne relation commerciale n’exige pas de signer un chèque en blanc.
Notre prospérité repose aussi sur notre capacité à décider nous-mêmes de nos lois, de nos dépenses et de nos priorités. Ne sacrifions pas cet avantage et ne transmettons pas une facture toujours plus lourde aux générations futures.
NON au traité d’adhésion à l’UE !
Position de Thomas Stettler, Conseiller national, Soyhières (JU)
